Un Vampire ? – Souvenir à la table

Nous revoilà pour un nouveau Souvenir à la table. Cette fois-ci on va parler huis clos, meurtres sanglants, plans foireux et d’un fameux vampire…

J’adore les huis clos. Il s’agit probablement de l’un de mes types de scénarios préférés, et à ce titre j’en ai joué un paquet. Le premier « véritable » scénario que j’ai fait jouer en était d’ailleurs un, et c’est une mésaventure qui s’est déroulée lors de cette histoire que je vais vous conter.

Frustré d’une partie vraiment pas terrible (pour ne pas dire carrément mauvaise) à laquelle j’avais été convié quelques jours plus tôt (sans malice aucune cher homonyme :3), je décide d’organiser moi-même ma petite partie en rappelant certains joueurs qui avaient été présents et avec qui le contact était bien passé et en conviant également des amis à moi. J’avais récupéré pour l’occasion un scénario sur la scénariothèque, mais à l’exception du pitch de départ et des noms des PNJ je n’avais pas gardé grand chose. Ce sera d’ailleurs l’une des très rares fois que je ferai jouer autre chose qu’un scénario de ma conception (on en rediscutera un jour).

Une belle semaine en perspective

Le contexte : pour le 70e anniversaire de Sir Henry Dickson, un riche dilettante anglais, ce dernier organise une petite sauterie dans son manoir situé dans un coin paumé, coupé de tout. Les PNJ et les PJ sont des amis dudit Sir Dickson, venus pour s’encanailler joyeusement. Cependant, une terrible tempête de neige va bloquer les invités dans ce manoir pendant plusieurs jours, les empêchant de joindre l’extérieur ni de s’aventurer au dehors à cause du froid terrible et du manque de visibilité. C’est alors que le jardinier est retrouvé massacré dans sa chambre. Qui a bien pu faire cela et pourquoi donc ?

J’avais quatre joueurs à la table. Veuillez m’excuser mais le temps a supprimé de ma mémoire leurs noms. Nathan incarne un professeur de biologie plutôt bon vivant, Arthur interprète un aventurier, type Indiana Jones, Vincent se glisse dans la peau d’un journaliste véreux et Paul joue un médecin vaguement psychotique. Le tout se tenait car nous jouions avec le système l’Appel de Cthulhu (version 6 je crois). Chacun d’eux disposait d’un objectif différent. Les personnages de Nathan et Arthur se devaient de survivre et d’élucider toute cette histoire. Celui de Vincent cherchait une somme d’argent que le propriétaire des lieux était censé posséder. Enfin, celui de Paul était venu à l’anniversaire pour mettre la main sur les recherches cachées de Dickson.

Un crime horrible…

Au fur et à mesure que les jours passaient, les corps se faisaient de plus en plus nombreux. Allez savoir pourquoi, Nathan s’était mis en tête qu’un vampire était responsable de toute cette histoire. Chaque PNJ et chaque PJ avait été informé de la présence de ce terrible vampire, et en avait bien ri. L’intrigue suivant son cours, les PJ comprennent que les meurtres ont lieu à des heures relativement précises de la nuit. C’est alors qu’Arthur a une idée brillante…

Je tiens à signaler que nous jouions un certain nombre de scènes en séparant les joueurs, afin que les manœuvres et les tentatives secrètes des différents participants ne parviennent pas aux oreilles des autres joueurs, la partie étant « compétitive ».

Voyant la soirée approcher, il glisse en secret un petit mot anonyme sous toutes les portes pour demander aux résidents du manoir de le rejoindre au rez de chaussée, et ce à l’heure supposée du prochain meurtre. Il espère ainsi soit éviter la tuerie suivante, soit démasquer le meurtrier qui ne serait pas venu. Deux individus manquent à l’appel ce soir-là, le médecin, et le professeur de biologie !

Tous les protagonistes se ruent à l’étage quand ils constatent leur absence, pénètrent dans une chambre et tombent directement sur le corps sans vie du médecin, présentant deux trous au niveau du cou. C’est alors que le journaliste constate une certaine agitation venant du placard du fond. Il s’en approche, redoutant ce qu’il trouvera dedans. Et en ouvrant, le voici nez à nez avec le professeur de biologie, qui s’est amusé à parler de vampires toute la soirée, balbutiant : 

« Je vous jure c’est pas moi ! » 

Une affaire de points de vue

Remontons un peu dans le temps pour voir les coulisses et analysons la scène d’un autre point de vue.

Le personnage de Paul reçoit le petit mot de l’aventurier et le joueur échafaude alors un plan. Il souhaite s’introduire en douce dans la cave du manoir pour la fouiller, persuadé que les recherches y sont cachées. Mais il s’avère que ladite cave est étroitement surveillée car les personnages ont décidé d’y entreposer les corps des différentes victimes. Qu’à cela ne tienne, il faut donc qu’il devienne une victime !

Ce dont il ne pouvait pas se douter, c’est que son plan marcherait encore mieux qu’il ne l’avait prévu. Le professeur de biologie, intrigué par le comportement du médecin, avait gardé un œil sur lui toute la soirée et comptait même le surveiller de nuit, allant jusqu’à s’introduire dans le placard de sa chambre ! Cela lui fit d’ailleurs rater le petit mot glissé sous la porte de sa chambre par l’aventurier.

Le médecin prend la décision de se faire passer pour mort. Il s’injecte, devant le professeur de biologie incapable de comprendre la situation depuis son placard, un produit qui ralentira suffisamment son cœur pour que son poul soit indétectable, sans prendre le risque d’en mourir (c’est un médecin de Jeu de Rôle, j’ai dit oui). Et il met en scène son assassinat, pour faire croire à l’implication d’un vampire…

Ahhhhhhh. Que j’aime quand mes joueurs se jouent des mauvais tours !

On a ici un exemple parfait de ce que peut donner du jeu de rôle avec des éléments « compétitifs ». Les joueurs rivalisent d’ingéniosité pour se mettre dans des situations tout à fait délectables !

Ecriture : Vincent Chenudet

Relecture : Arthur Aumonier, Nathan Florent

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